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Il faut voir le film "Pride".

A Londres, dans les années 1980, alors que la cheffe du gouvernement Margaret Thatcher accule les mineurs à une grève historique, un groupe de gays et lesbiennes londonien très à gauche se forme, en vue de soutenir les mineurs en organisant des collectes. Si l'enthousiasme de ces jeunes militants est immense, le problème s'avère plus complexe qu'imaginé : les syndicats ouvriers contactés voient d'un mauvais œil ce soutien totalement inconvenant à leurs yeux. Homophobie, quand tu nous tiens !

Par chance, un petit village  d'Onllwyn au Pays de Galles accepte de les recevoir, malgré l'hostilité de certains membres du syndicat local. Rencontre explosive, réticence des travailleurs, incompréhensions et... peu à peu, sous l'impulsion de quelques figures du syndicat (femmes surtout, quelques hommes également, des "anciens" surtout) les barrières tombent. Les activistes qui ont créé le Lesbians and Gays Support the Miners (LGSM) pour l'occasion suscitent l'intérêt et la rencontre s'opère.

Basé sur une histoire vraie, le film propose une série de portraits contrastés, personnalités hautes en couleur qui ont pour certains laissé une trace dans l'histoire du mouvement LGBT, comme Mark Ashton qui mène le petit groupe, membre du parti communiste anglais, et qui meurt à 26 ans du sida en 1987.

Le film confronte deux mondes que tout semble opposer, mais qu'une même répression gouvernementale et une même hostilité de la presse tabloïd rapproche et va souder puissamment. Le spectateur craque particulièrement pour ces ouvrières ou femmes d'ouvriers pour certaines à la retraites, dont la vie prend un nouveau souffle au contact de cette bande d'échevelés aux amours et aux tenues vestimentaires baroques. Richesse des confrontations, émerveillement pour la différence, possibilité pour certain.e.s de faire de s'admettre "différents" alors que l'heure de la retraite a sonné depuis longtemps. Et pour tous, une vraie renaissance. Personnages attachants, comme cette jeune lesbienne quelque peu torturée mais si amicale, ou le jeune Joe, surnommé affectueusement "Bromley" par ses camarades, qui cache son homosexualité à sa famille et qui doit attendre l'âge l'égal, c'est à dire 21 ans, pour pouvoir aimer l'homme se son choix. Comme nombre de pays, l'Angleterre différencie alors la majorité sexuelle en fonction du type de relations : 16 ans pour les hétéros, 21 pour les homos...

Certains comparent ce film aux "Virtuoses", à "The Full Monty" ou encore "Good Morning England", mais on notera une profonde différence : Lesbians and Gays Support de Miners et les ouvriers en grève qui ont accepté leur soutien public dans ce petit village des Pays de Galles, ont dû faire preuve d'un formidable courage pour oser se tendre la main et affronter le carcan homophobe de l'époque. Si le groupe londonien a apporté une aide non négligeable aux mineurs d'Onllwyn en grève, ces derniers ont beaucoup fait à leur tour contre la haine envers les homosexuels. Le film s'achève sur la Gay Pride de 1986 à Londres, et son cortège festif avec à sa tête des centaines de mineurs enthousiastes venus du Pays de Galles !

G.

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